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Gauches et droites européennes : unies dans la déloyauté…

par | 26 janvier 2023 | Communiqué

Tribune de Mme Annika Bruna

Député Français au Parlement européen.

 

Si la devise de l’Union européenne est « Unie dans la diversité », celle de la gauche et du centre-droit pourrait s’intituler « Unis dans la déloyauté ».

En effet, alors que leur communication repose essentiellement sur de supposées valeurs dont ils prétendent détenir le monopole, les partis européens de la gauche, des écologistes et du centre-droit votent systématiquement contre les amendements du Rassemblement National et du groupe Identité & Démocratie au Parlement européen. Quitte à trahir quelques-uns de leur « principes ».

 

Les droits de l’homme s’arrêtent là où commence le « business »

Le 9 mars 2022, ces partis rejetaient un amendement de ma collègue Sylvia Limmer visant à interdire l’utilisation de matières premières extraites par les enfants pour fabriquer des batteries. Cet amendement tendait pourtant à protéger les milliers d’enfants travaillant dans les mines de Cobalt en République Démocratique du Congo !

Quelques mois plus tard, en juillet, les eurodéputés de cette coalition hétéroclite refusaient également de débattre sur le scandale des cabinets de conseil, débat soulevé par mon collègue Jean-Paul Garraud. Il aurait pourtant été intéressant de découvrir pourquoi la Commission européenne avait rémunéré ces cabinets entre 2017 et 2020 à hauteur d’un milliard d’euros, alors qu’elle emploie 33 000 fonctionnaires !

 

Face à l’islam politique : courage fuyons !

Dans le même sens, en septembre 2022, Jean-Paul Garraud demandait l’ouverture d’un débat sur le FEMYSO, nébuleuse d’associations promue par la Commission européenne, fortement soupçonnée d’entretenir des liens avec les Frères musulmans. Là encore, une coalition réunissant les partis de gauche et certains eurodéputés de droite rejetait cette demande légitime.

 

Les « femmes et les enfants d’abord » ou pas…

En commission des Droits des femmes, dont je suis membre titulaire, l’écart entre les actes et les discours est encore plus flagrant.

Ainsi, en octobre 2022, avec ma collègue Virginie Joron, nous avions dénoncé l’omerta autour d’une agression sexuelle au cœur même des institutions européennes, avec une totale impunité pour l’agresseur. Cette fois-ci, face au scandale soulevé, le débat a été accepté bien que passablement édulcoré…

Autre exemple : lors de la séance plénière de ce mois de janvier, les partis majoritaires ont refusé l’amendement de notre groupe qui établissait le lien évident entre l’intégrisme islamique, la Charia et la répression des femmes en Iran. En refusant cet amendement, ils se sont interdits de défendre réellement les Iraniennes, de défendre réellement toutes les femmes.

 

Votes de conviction ou votes de corruption ?

Le fait de ne pas voter ces amendements au nom d’un « cordon sanitaire » n’illusionne plus personne.

Le scandale du Qatargate, que la gauche et la droite européenne tentent désespérément d’étouffer, démontre que les votes de ces partis contre nos amendements ou en faveur de dispositions douteuses ne sont pas nécessairement motivés par ce fameux cordon sanitaire.

Il est d’ailleurs plus que suspect que notre demande d’ouverture d’une commission d’enquête immédiate sur le Qatargate nous ait été refusée, alors que de précédentes commissions sur les Panama Papers en 2016 ou sur Pegasus en 2022 ont été diligentées immédiatement, sans attendre le résultat des procédures judiciaires.

Le sectarisme ne permet plus de tout justifier. Certains votes de nos adversaires, qui apparaissent « contre-nature », pourraient être entachés de corruption et d’intelligence avec des intérêts financiers ou des puissances étrangères.

Espérons que le Qatargate ouvrira enfin les yeux de nos concitoyens sur cette réalité et qu’ils comprendront qu’il s’agit sans doute de l’arbre qui cache la forêt.